Causes de nombreux décès en Europe
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La dernière étude choc de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sonne l’alarme : la pollution de l’air ambiant et les modes de vie malsains entraînent près de 7 400 décès prématurés chaque jour en Europe. Face à ce lourd bilan, les projecteurs sont désormais braqués sur les industries dont les activités favorisent ces fléaux sanitaires de taille. Enquête au cœur d’une crise qui ébranle la société.

Une pollution de l’air insidieuse et mortelle 

Selon les données alarmantes de l’OMS, l’exposition aux particules fines PM2.5 issues principalement des émissions industrielles et des transports routiers cause à elle seule environ 4 400 décès prématurés par jour en Europe. Les experts s’accordent à dire que ces polluants microscopiques, une fois inhalés, pénètrent profondément dans les poumons et le système cardiovasculaire, provoquant cancer, AVC, crises cardiaques et maladies respiratoires chroniques.

Voici une vidéo relatant les inquiétudes que devraient avoir les Européens :

“Les preuves scientifiques sont accablantes, la pollution de l’air représente la menace environnementale la plus importante pour la santé en Europe”, déclare le Dr Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe. Les secteurs des combustibles fossiles, de la métallurgie, de la chimie et des transports sont particulièrement pointés du doigt pour leur contribution massive à ce fléau invisible.

Un modèle alimentaire industriel toxique

Outre la pollution atmosphérique, l’étude de l’OMS met en lumière les ravages causés par les régimes alimentaires malsains promus par l’industrie agroalimentaire. Selon les estimations, pas moins de 3 000 Européens perdent la vie chaque jour en raison de carences en fruits et légumes et d’une surconsommation de viandes transformées, de graisses saturées et de sel.

“L’omniprésence des aliments ultra-transformés riches en sucres, graisses et additifs a littéralement pavé la voie à l’épidémie d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires qui sévit en Europe”, dénonce le Dr Francesco Branca, directeur de la nutrition à l’OMS. Les pratiques marketing agressives des géants de l’agroalimentaire sont fermement critiquées, tout comme les lobbies qui entravent la régulation de ce secteur lucratif.

Les intérêts économiques avant la santé publique ?

Face à l’ampleur du désastre sanitaire, de nombreux experts dénoncent les conflits d’intérêts qui mineraient la capacité des gouvernements à réguler efficacement les industries polluantes et l’agroalimentaire. “Il est plus que temps de briser l’emprise des lobbies industriels sur l’élaboration des politiques publiques”, plaide la Dre Diarmid Campbell-Lendrum, spécialiste des déterminants environnementaux à l’OMS.

Selon une enquête du Parlement européen, les principales multinationales des secteurs incriminés auraient déployé des millions d’euros pour influer sur le processus législatif européen ces dernières années. Une situation qui alimente la défiance croissante des citoyens quant à la réelle volonté politique d’agir pour préserver leur santé.

Des solutions existent, à quel prix ?

Si le constat est alarmant, l’OMS rappelle qu’il existe des pistes de solutions concrètes pour endiguer cette hémorragie sanitaire. Accélérer la transition énergétique vers les renouvelables, développer les transports doux et repenser l’urbanisme sont autant de leviers pour réduire la pollution de l’air. Parallèlement, une taxation dissuasive des aliments ultra-transformés et la promotion d’une alimentation plus saine et durable s’imposent.

Mais ces mesures volontaristes se heurtent à la réalité économique d’industries puissantes dont les modèles de profit reposent sur la perpétuation du statu quo polluant. “La véritable question est de savoir si nos décideurs auront le courage politique de défier ces intérêts à courte vue au nom de la santé publique”, conclut le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. 

Une course contre la montre sanitaire et environnementale

Au final, ce rapport cinglant de l’OMS illustre avec force les innombrables défis sanitaires, environnementaux et démocratiques auxquels l’Europe doit urgemment faire face. Alors que les ravages de la pollution et de la malbouffe se chiffrent désormais en vies humaines par milliers chaque jour, la pression s’intensifie sur les autorités pour réguler sans délai des pans entiers de notre économie.

Une équation complexe qui soulève des questions fondamentales : jusqu’où les citoyens sont-ils prêts à repenser leurs modes de consommation au nom de leur santé ? Les gouvernements oseront-ils défier la toute-puissance des lobbies industriels pour le bien commun ? De ce bras de fer dépendra l’avenir sanitaire et environnemental du Vieux Continent. Une lourde responsabilité pour cette génération de décideurs.

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